
La cherté de bon nombre de produits
alimentaires va aller de pis en pis. La grande distribution l’a annoncé en long et en large dans les médias pour les semaines à venir mais ne s’est guère vantée d’avoir déjà commencé à augmenter
considérablement les prix et cela d’une manière peu visible pour la plupart des consommateurs selon une enquête publiée dans le dernier numéro du magazine 60 millions de consommateurs.
De début novembre à fin avril ont ainsi augmenté pas moins des deux tiers des produits composant un panier de 92 références suivies par le magazine de l’Institut national de la consommation
(INC). Des hausses supérieures à 3% en moyenne ont été enregistrées concernant farine, café, jus de fruit, produits laitiers et poissons surgelés... Elles peuvent même aller jusqu’à 20% dans
certains magasins pour des lardons fumés.
Pour monter les prix sans que cela soit trop visible deux méthodes sont utilisées. La première consiste, après une période de promotions, à augmenter les prix à un niveau supérieur à ceux
pratiqués avant ces dernières. La seconde réside, ni plus ni moins, dans la modification de la quantité ou de la qualité, parfois d’un ou plusieurs ingrédients. Ce que l’on appelle «l’inflation
masquée»: des boîtes de poisson pané passent de 20 bâtonnets à 18. Un format de boisson de petit-déjeuner passe de 250 g à 260 g avec une augmentation de 1,43 euros pour ces 10 grammes
supplémentaires, ce qui revient à augmenter de 30% le prix au kilo. De telles manipulations ont été rendues grandement possibles par l’application en France de la directive européenne
déréglementant les formats d’emballage (2007/45/CE). Un sursis a été accordé pour le lait, le beurre, les pâtes alimentaires sèches et le café jusqu’au 11 octobre 2012 (octobre 2013 pour le sucre
blanc). Bref, un examen attentif des étiquettes s’avère nécessaire pour éviter de payer plus pour acheter moins.