25 Mars 2010
[ 24/03/10 ]
Ses détracteurs lui reprochent de gérer en direct l'ensemble des relations exécutif-syndicats, d'avoir placé la CGT au centre du jeu social - avec ce qui en découle d'indulgence pour la centrale, sur les questions EDF et RATP notamment -, et de manière générale une prudence qui « empêche Nicolas Sarkozy d'être Nicolas Sarkozy », comme s'en inquiète l'un d'eux. Sur la réforme des retraites, il serait partisan d'une approche précautionneuse à l'égard des fonctionnaires, comme Eric Woerth, le nouveau ministre du Travail.
Raymond Soubie assume son goût pour la mesure, lui qui a depuis longtemps théorisé qu' « il vaut mieux une demi-réforme que pas de réforme du tout ». Il bénéficie pour
convaincre le président d'un argument de poids :
le climat social est aujourd'hui quasiment le seul indicateur qui n'a pas viré au rouge.
Même au coeur de la crise, les manifestations de rue sont restées très cadrées.
Cet incontestable succès a permis au conseiller de prendre pied sur des sujets dépassant le seul périmètre social, créant des tensions avec les conseillers élyséens aux attributions plus
politiques, Claude Guéant et Henri Guaino en tête. Sur cet aspect des choses, Raymond Soubie ne s'appesantit pas : « Je n'interviens que sur les
sujets sur lesquels on me demande mon avis », glisse-t-il avec malice.