1 Avril 2011
Sources
Sous le titre « La radioactivité effraie les ports d'Europe », Barbara Leblanc retransmet l'inquiétude des différents ports européens face au risque de contamination nucléaire des coques des navires en provenance du Japon, en réaction à la découverte en Chine le 21 mars dernier de quantités anormales de particules radioactives dans le port de Xiamen sur un navire parti de Tokyo le 17 mars.
Ainsi, d'après le Financial Times Deutschland, l'autorité portuaire de Hambourg mettrait en place un « plan d'urgence » en partenariat avec les douanes et les services de sécurité. De même, Rotterdam exigerait des armateurs qu'ils obtiennent des capitaines des navires la liste des 10 derniers ports touchés. Des professionnels tels que le Lloyd allemand anticipent des refus d'entrée au port de navires en provenance du Japon. Les entreprises également s'organisent : la CMA-CGM a mis en place une cellule d'urgence (essentiellement au niveau de la transmission d'information).
Ce qui mène à penser que la situation économique réelle est bien pire que ce que l'article donne à penser. Il ne s'agit pas simplement d'un « plan d'action local » mais de toute une économie qui risque d'être mise par terre.
En effet, l'ensemble des contrats d'assurance exclut d'office les risques liés à la « désintégration du noyau atomique ». (Clause de style). Ce sera donc à l'armateur de subir le retour forcé au Japon. À moins qu'il ne se retourne contre l'État du port qui lui a refusé l'entrée ? Ce qui augure de lourds contentieux administratifs.
En effet, la quarantaine médicale n'est pas applicable à ces situations, les nucléotides ayant une durée de vie d'au moins 30 ans ! Aussi, faudra-t-il bien que ces navires aient l'autorisation d'entrer dans un port pour pouvoir y déposer les marins, potentiellement contaminés.
Il faudra aussi que les armateurs autorisent les marins à faire application de leur droit de retrait (pour les marins soumis à un droit national l'autorisant).
Autant de questions qui auront de lourdes répercussions économiques et juridiques et dont les tribunaux auront à connaître dans les années à venir.
À suivre, donc. Mais en perspective une lourde charge économique qui sera subie exclusivement par les armateurs. De quoi en mettre un grand nombre en faillite.
Et les marins sur la paille. Ce qui est plus grave.